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 So much to say [Julian]

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Posté le Dim 22 Juin - 10:05.
La porte de la Taverne claqua une seconde fois, violemment, mais Heiko était déjà trop loin pour l’entendre. Il marchait vite. Il courait presque. Il devait à tout prix fuir cet endroit… regagner un refuge… mettre le plus de distance possible entre Julian et lui. Ses chaussures crissèrent sur le sol graveleux, alors qu’il retenait d’un coup d’épaule le lourd battant en fer à l’entrée du cimetière. Sans décélérer, il se mit à zigzaguer entre les stèles. Il ne s’arrêta, finalement, que quand une voix grave et parfaitement reconnaissable l’interpella.

"Laisse-moi", siffla-t-il avec colère.

Pourquoi l’autre homme l’avait-il suivi ? Pour lui répéter à quel point il était ingrat ? Le message était bien passé, merci. Pas la peine d’en rajouter une couche. Instinctivement, l’humain se tendit. Il faisait dos à Hawkhart, et il n’aimait pas trop ça… En même temps, il ne voulait pas se retourner. Il ne voulait pas paraître faible. Il préférait encore cacher ses larmes, ses yeux embués et rougis par le chagrin. Mais en restant vigilant. Aux aguets. Crispés contre ses flancs, ses poings étaient prêts à riposter si l’Anglais venait à le frapper, à l’attaquer par-derrière. On ne savait jamais. Sous le coup de l’émotion, tout était possible. Et son cadet avait montré, un instant plus tôt, qu’il pouvait faire preuve d’une violence inédite à son égard.

L’abandonner ? Oh mais ce n’était pas lui qui l’abandonnait. C’était lui, Julian, qui avait parlé de partir avec une autre. Heiko observa le policier du coin de l’œil. Ce dernier s’était rapproché, lentement, précautionneusement, comme pour le rassurer. Et cela le rassurait, en effet. Autant que cette voix douce, tremblante, qui trahissait un repentir sincère. Le jeune homme était peut-être impulsif, et cruel quand il s’y mettait, néanmoins il ne mentait jamais. Il ne faisait pas semblant, il n’était pas un de ces manipulateurs froids et insensibles qui vous mènent en bateau sans le moindre scrupule. Il était plutôt de ceux qui revêtent une carapace blindée pour se protéger. L’Allemand croyait avoir bien cerné cette facette chez son petit ami. Alors il sentit qu’il pouvait se laisser aller, se décrisper un peu. D’un geste furtif, il essuya les traînées scintillantes sur ses joues. Cette dispute dans la Taverne l’avait réellement blessé. Cela avait été comme une agression. Julian l’avait agressé en paroles, en se révélant tout autre que celui qu’il était d’habitude.

Lui aussi avait peur. Cette histoire pourrait tellement mal finir… Et si les choses ne faisaient qu’empirer au fil du temps ? Et si chaque jour à venir ressemblait un peu plus à aujourd’hui ? Il ne le supporterait pas, non… Heiko inspira longuement, avant de se tourner, enfin, vers son homologue. Il laissa la grande main le toucher. Il restait calme, il ne bronchait pas. Il n’en avait plus envie. La colère était retombée, et malgré lui, il commençait à fondre devant son compagnon. Devant cette fragilité authentique qui perçait sous le masque de glace. C’était ce Julian-là qu’il aimait. Pas celui qui le prenait de haut et qui jouait les commandos.

Il n’interrompit pas le membre de l’Ordre qui parlait de ses parents. Leur schéma familial semblait vraiment très compliqué. L’humain n’avait jamais trop compris qui était le père de Julian, ou plutôt ce qu’il représentait… en dehors d’un père. Qui était-il pour inspirer autant de crainte à un grand garçon de vingt-quatre ans qui ne l’avait même jamais réellement connu ? Bah, peu importe. S’il valait mieux que cet homme n’apprenne pas l’existence de Heiko, cela leur donnait une raison de plus pour ne pas habiter ensemble. En vérité, ils étaient condamnés à vivre ainsi… séparément. Dans l’ombre. Ils n’avaient d’autre choix que de se cacher, ne serait-ce que pour la tranquillité mentale de Julian. Le brun s’en rendait compte, et c’était dur, dur de se dire que rien ne pourrait changer, qu’ils resteraient toujours coincés dans cette configuration. Son cœur se serra davantage lorsque son amant déclara qu’il était la personne à laquelle il tenait le plus. Cette simple phrase l’aurait fait sourire de bonheur, s’il n’avait pas été aussi triste et aussi dépité au fond, tout au fond de lui.

Il y eut des excuses. La menace de cette femme, cette Ivy, fut rapidement écartée. Julian s’empara de sa bouche et Heiko le laissa faire, savourant tout l’inattendu d’une telle initiative et le plaisir de sentir enfin leurs corps se rapprocher. Il avait besoin de cela, de cette proximité… C’était quelque chose qui lui manquait au quotidien. Ses mains se cramponnèrent au jeune homme, à sa nuque, à ses hanches si étroites, à son dos si musclé. Il l’embrassa à son tour, passionnément, désespérément. Les émotions contenues, refoulées, éclataient au grand jour et les larmes recommencèrent à couler tandis qu’il haletait, que ses membres tremblaient, que son buste heurtait avec violence celui de l’Anglais. Soudain, il rompit le baiser. Sa tête partit contre l’épaule de Julian. Et là… il se mit à sangloter comme un enfant, en le serrant de toutes ses forces, en le pressant fiévreusement, brutalement, contre lui. Jamais il n’avait vraiment craqué face à son petit ami. C’était la première fois qu’il acceptait de lâcher prise.

"Je t’aime, parvint-il à articuler. Je t’aime tellement…"

Cela ne dura pas longtemps. Quelques minutes, une ou deux à peine, au cours desquelles, pleurant et tremblant comme une feuille, hoquetant, il perdit pied jusqu’à se sentir étranger à son propre corps. Puis il commença à se calmer. Fermant les yeux, il tenta de se concentrer sur sa respiration, de remettre un peu d’ordre dans son esprit, avant de reprendre la parole.

"Ne refais plus ça. Ne joue plus avec moi, avec mes sentiments. Je te préviens… je ne suis pas prêt à tout accepter. Même pour toi."

Il parlait des coups, bien évidemment. Le jour où Julian lèverait la main sur lui, il n’aurait pas de pitié. Ce serait définitivement fini entre eux deux.

"Je ne sais plus quoi penser. Je… J’espérais qu’on trouverait une solution, une astuce, quelque chose. Mais je me rends compte que ce n’est pas possible. On n’a pas d’avenir toi et moi, hein ? Faut se rendre à l’évidence. On ne pourra jamais être un vrai couple, ni partager plus que ce qu’on partage aujourd’hui."

Et pour une fois, il n’était pas défaitiste. Juste… réaliste.

"Tant pis. Je refuse de te perdre, alors je me contenterai de ce que tu peux m’offrir."
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Posté le Mer 2 Juil - 2:23.
Quand Heiko lui avait dit de le laisser, Julian s'y était refusé. Il avait la nette impression que s'il accédait à la requête du brun, il le perdrait définitivement. Alors comme une tique, il s'était accroché et avait vidé son sac. Il ne voulait pas perdre l'allemand même si leur histoire était terriblement compliquée. Il ne voulait pas baisser les bras, jamais. Alors le membre de l'Ordre s'accrochait, bêtement, étrangement. Par désespoir mais aussi par envie, l'homme aux yeux clairs se jeta sur la bouche de l'allemand. Il l'embrassa avec passion et détresse. La passion d'un amoureux qui avait peur et au fond, qui ne savait pas gérer grand chose. Un tressaillement le traversa quand Heiko le tint contre lui et le serra. Leurs corps se collèrent l'un à l'autre et il fut impossible pour Julian de cacher son enthousiasme physique tandis qu'une bosse se formait progressivement à son entre-jambe. Le baiser se rompit et le membre de l'Ordre resta hébété tandis que son petit ami se mit à pleurer contre lui, le tenant fermement. Pour le coup, l'écossais ne s'y était pas attendu. Lentement, il referma ses bras autour de Heiko pour tenter de l'apaiser.

Son cœur se serra quand l'allemand avoua l'aimer. Il ne s'attendait pas à une telle déclaration et déjà son cœur sautillait de bonheur face à la déclaration d'amour. Julian ne décrocha pas un mot, le temps pour Heiko de se calmer et de donner ses conditions. Le spectre comprit alors qu'il avait intérêt à faire des efforts et ne plus se conduire comme l'idiot impulsif qu'il avait été quelques minutes auparavant. Lentement il hocha la tête.

« Je comprends ce que tu veux dire. »

Il se souvenait très bien qu'il avait serré les poings et rien qu'un instant, il avait oublié le passif de Heiko et particulièrement avec la violence. Il avait été naïf de croire qu'il pouvait se conduire ainsi sans réelle conséquence. Julian ouvrit la bouche pour protester quand son petit ami dit qu'ils n'avaient aucun avenir. Il voulait protester, y croire encore. Il aimait l'autre homme et ne voulait pas baisser les bras aussi facilement. Mais il n'eut pas le temps de rétorquer quelque chose que déjà, l'allemand dit qu'il ferait avec et qu'il refusait de le perdre. Julian sourit avec une pointe de tristesse.

« Je suis sûr que nous pouvons faire quelque chose... Mais il nous faut du temps. Je pars déjà de chez Alyssa, ensuite, il sera plus facile pour moi de mener ma vie comme je l'entends. »

Dit-il avec conviction et détermination. Julian ne laissait pas facilement tomber et s'avérait bien plus têtu qu'on ne pourrait le penser de prime abord. Un soupir franchit sa bouche quand il repensa sérieusement à la relation qu'il avait avec sa mère. Ce n'était pas quelque chose de facile mais dès qu'il aura coupé un bout du cordon, cela irait. De toute manière, le spectre restait tout de même d'avis que sa vie affective ne regardait personne.

« Il est vrai que je ne pourrais jamais te présenter à ma famille mais je n'ai pas de famille. Alors... Ce qui compte, c'est notre histoire, n'est-ce pas ? Et non pas ce que les autres pensent. Je m'en fiche des autres, il n'y a que toi, Heiko. »

Dit-il avec espoir tandis qu'il posa sa main sur la joue de l'allemand avec une tendresse évidente. Julian n'était pas l'être le plus expansif du monde, surtout qu'il avait peur de ses propres sentiments qui s'avéraient être un véritable fléau quand il s'énervait.

« Laisse-moi une chance de me rattraper et de te prouver que notre histoire a un avenir. Je refuse de baisser les bras et d'attendre le jour où tu te lasseras. Faisons des choses ensemble, découvrons chacun le monde de l'autre. Tu sais... J'ai plusieurs passions, dont m'entraîner. Tu pourrais venir une fois avec moi ? Je pourrais t'apprendre des prises, à te battre. C'est important. »

Julian avait à cœur de savoir Heiko en sûreté. C'était une véritable angoisse pour lui. Alors s'il lui apprenait à se battre, il se sentirait nettement mieux. Et puis aussi, parce qu'il voulait que l'allemand n'ait plus peur des coups. Il voulait que l'humain à don sache rendre les coups et que cette lueur de peur disparaisse à jamais de son regard.
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